10 avril RESPECT au lycée

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8/12/2007 Réponse du président de la FCPE J.Monnet aux courriers reçus.

Je voudrais revenir dans ces quelques lignes sur le mouvement lycéen de Jean Monnet à la lumière des messages de certains parents et de la discussion que nous avons eue jeudi dans notre conseil local FCPE.
 
Je lis ou j’entends par exemple que, par sa façon de rendre compte du mouvement, la FCPE ferait preuve d’angélisme et que, par sa présence en tant qu’observateur neutre, elle cautionnerait même l’atteinte à la démocratie qu’est le blocage de l’établissement. Je lis aussi que « notre encadrement parental » empêcherait nos enfants de grandir et donc d’être autonomes. D’une certaine façon soit nous n’en ferions pas assez pour pousser les jeunes à mettre fin à leur mouvement, soit nous en ferions trop et cela les empêcherait de mener leur barque jusqu’où ils le désireraient.
 
Le « métier » de délégué FCPE, surtout quand il s’agit de se coltiner le terrain loin des salles de réunion feutrées entre « responsables », est bien difficile à assumer et expose aux reproches les plus opposés. Le terrain en l’occurrence ce sont nos enfants qui, comme des grands, ont décidé de ne plus aller en cours pour s’opposer à une loi qu’ils jugent dangereuse pour leur avenir.
 
Dans une situation comme celle-là où l’urgence prime, nous, les élus et des militants de la FCPE, avons fait un choix empirique sur le plus petit dénominateur commun de ce que nous pensons être l’avis des parents de notre association et, peut-être, de la majorité des parents. En l’absence d’un baromètre indiscutable sur cet avis, nous avons fait le pari qu’il fallait être au contact des lycéens mobilisés et assurer un cadre de sécurité et de démocratie : pour la sécurité cela a signifié par exemple que nous sommes intervenus les quelques rares fois où des tensions entre bloqueurs et anti-bloqueurs risquaient de dégénérer. Nous avons poussé avec succès au dialogue et au respect de la parole de chacun. Nous sommes également intervenus, pendant la dernière AG, auprès des délégués pour leur dire notre totale opposition à une opération escargot sur la voie publique. Là aussi avec succès puisqu’il n’a plus été question de cette action. Pour la démocratie, nous avons donné quelques conseils techniques sur la manière de consulter les élèves sur le mouvement en cours. A chaque fois nous avons été en phase avec la direction de l’établissement qui a par exemple fourni des urnes et des listes d’élèves pour constituer un corps électoral fiable. Les profs ont aussi adopté la même attitude que nous. Même chose pour l’autorité académique, puisque l’inspecteur d’académie en personne s’est déplacé dans l’établissement pour s’assurer que le mouvement restait cantonné dans des limites raisonnables. Son appel à reprendre au plus vite les cours n’a bien entendu pas été suivi d’effet.
 
Si donc caution de l’action lycéenne il y a eu, elle est largement imputable à l’ensemble des adultes présents au lycée et non à la seule FCPE. Ce serait lui faire trop d’honneur que de penser qu’une autre position de sa part aurait pu infléchir la situation dans un autre sens, rien moins que la levée du blocage et la reprise des cours.
 
Je crois que la régularité et la précision de nos informations en direction des parents ont eu pour effet pervers de laisser croire à certains que nous pouvions maîtriser les choses et que, étant au cœur des évènements, nous pouvions, nous devions même les orienter. Et la frustration a dû être grande de voir que nous ne sortions pas de cette position d’observateurs attentifs, d’informateurs réguliers et de « cadreurs » ponctuels du mouvement.
 
Si nous avons adopté cette attitude qui, je le répète, rejoignait celle des autres adultes présents, c’est en fait parce qu’il y a loin de la coupe aux lèvres : une chose est de vouloir que la liberté d’entrée dans l’établissement soit assurée ou que même le mouvement cesse et que tous les élèves retrouvent les salles de cours, autre chose est de l’obtenir, voire même de l’imposer. Notre expérience d’un passé récent, comme l’action sur le CPE, quelles que soient par ailleurs les différences avec le mouvement actuel, ou d’un passé plus lointain nous convainc d’une chose : quand les élèves décident massivement de se lancer dans une telle action (cf les chiffres de participation aux votes et les résultats des consultations très largement favorables au blocage), il ne sert à rien de se mettre en travers frontalement. Dans le meilleur des cas nous ne serons tout simplement pas écoutés et dans le pire des cas nous pourrions être amenés à solliciter des mesures telles qu’une intervention policière ou la fermeture administrative du lycée ; mesures qui pourraient mettre en danger la sécurité des élèves, radicaliser le mouvement en le rendant « hors cadre » ; mesures enfin qui sont en contradiction avec l’orientation générale de la FCPE, celle du dialogue et du respect de l’autonomie citoyenne des lycéens.
 
Alors cela revient-il à approuver comme démocratique un blocage empêchant la liberté d’étudier ? Le blocage serait-il, pour la FCPE, le summum de la démocratie ? Dans le cas probable où ce ne serait pas le cas, ne pouvait-elle essayer d’obtenir au moins le libre accès des élèves aux cours en leur proposant d’autres modes d’action ? N’était-ce pas alors mettre le doigt dans l’engrenage d’une immixtion dans un mouvement autonome, prêtant ainsi le flanc à l’accusation de manipuler les élèves ? Ceci sera l’objet d’un autre message.  Je pense avoir été assez long et préfère attendre vos commentaires sur ce premier aspect de la situation.
 
Antoine
 
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