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Rendez-vous avec Fabrice Morand
Lundi 17 mars 2008
F Morand est Directeur de la Sûreté du Domaine Public à la Mairie de Montpellier et est en charge de tout ce qui touche à la sécurité (police municipale, vidéosurveillance, etc.).
Alerté par un courrier de Dominique sur l’insécurité qui règne sur le rond-point qui mène, via la passerelle du lycée, à l’arrêt de bus devant le MacDo, il a demandé à nous rencontrer. Nous nous sommes donc présentés ce lundi, Dominique et moi, à son bureau du centre ville. Il nous a reçus avec le responsable des policiers municipaux et nous avons pu procéder à un échange approfondi sur la question qui nous occupe pendant une bonne heure, avec une carte déployée sur le bureau.
Pour ceux qui ne sont intéressés que par la question précise de l’insécurité de la passerelle et du chemin que prennent les élèves pour aller prendre leur bus, je propose de sauter la partie 1 qui suit et qui reprend les informations générales sur la politique municipale en matière de sécurité.
1 - La mairie et la sécurité
En préambule FM nous a fait l’historique de la politique de prévention de la délinquance dont je vous résume les principaux éléments :
. 1999-2002 : mise en place de la police de proximité et création du Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance.
. 2002-2004 : suppression de ce Conseil Local pour des raisons politiques nationales.
L’Inspection d’Académie et les chefs d’établissements se montrent demandeurs auprès du préfet de groupes territoriaux qu’il piloterait et qui concerneraient les zones de La Mosson, Paul Valéry et le centre ville. Mais ces groupes une fois crées voient les travailleurs sociaux appelés à intervenir s’en retirer car ils refusent de traiter, dans ce cadre, les cas particuliers de délinquance et d’assumer les risques de fichage qui, selon eux, en découlent.
. 2004 : l’Etat renoue avec les collectivités locales au moment où la mairie de Montpellier change de tête. Le partenariat Etat-Mairie est relancé et en 2006 est créé le Conseil local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance. Ce conseil est structuré en 4 groupes thématiques : sécurité des établissements scolaires ; incivilités dans la ville ; prévention de la délinquance ; sécurité et transports. Après 53 réunions (une par semaine) jugées très positives par notre interlocuteur, sont créés de nouveaux groupes territoriaux qui chacun reprend les 4 thématiques et qui seront appelés à travailler, à la rentrée 2008, avec les chefs d’établissements scolaires.
Par ailleurs un comité restreint composé entre autres d’un élu, d’un membre du cabinet du préfet, de l’Inspecteur d’Académie et d’un représentant de la Direction pénitentiaire, se réunit une fois par trimestre pour définir des objectifs et des plans d’action et suivre la mise en place d’un Observatoire de la tranquillité publique.
Cette présentation générale s’est conclue par un rappel de la « philosophie » de la politique de la ville : elle est sociale et repose sur un dispositif de prévention de la délinquance qui évite au maximum de solliciter la police nationale. Le souhait exprimé vis-à-vis de l’Education Nationale serait que les établissements scolaires établissent des diagnostics internes de sécurité et de prévention et, sur cette base, se rapprochent du Conseil local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance [1].
2 - La sécurité de la passerelle et au-delà
Après avoir localisé avec notre interlocuteur, sur la carte, les zones litigieuses (passerelle et chemin suivi jusqu’à l’arrêt du bus du MacDo), celui-ci a passé des coups de téléphone pour définir les niveaux compétents d’intervention sur ces zones. Concernant la proposition que nous lui avons faite d’établir un éclairage de la passerelle, il va voir avec les services municipaux de la voirie ce qui peut être fait.
Pour ce qui est de nos propositions de modifier le flux des bus partant vers la route de Ganges, avec en particulier le ramassage à l’arrêt qui se trouve devant le lycée, ce qui suppose un tour complet du Rond-Point d’Alco, il nous est demandé de faire un courrier à la TAM* posant le problème, demandant l’augmentation du flux, en précisant les heures concernées, et la modification du circuit ainsi que le transfert de l’arrêt, du MacDo au lycée lui-même. La TAM sera amenée à négocier la chose avec l’Agglo.
Pour que des rondes de police puissent se faire sur la passerelle, il nous est demandé de préciser les heures « sensibles ».
Enfin il nous est conseillé de faire un courrier au préfet** et au Directeur départemental de la sécurité publique***.
En résumé : l’entretien a été très amical, précis sur l’orientation générale en matière de sécurité et constructif sur les aspects concrets qui concernaient Monnet. Il nous reste à donner une suite à tout cela…
Antoine
[1] "et sur cette base": à ce propos il faudrait peut-être débattre dans notre conseil local des conséquences d'un rapprochement du lycée avec des autorités policières, même municipales et portées sur le traitement social et préventif de la délinquance. A l'heure de la mise en place dans le primaire de la très controversée "Base élève" et de sa généralisation envisagée au second degré, il faudrait, d’après moi, se poser la question 1/ de l'utilité pour notre lycée du diagnostic proposé par F Morand et impliquant une articulation avec une structure départementale de sécurité et 2/ des risques qu'à terme, par ce biais, on préfigure la mise en place, dans tous les établissements, d'un fichier informatique à "champs" à remplir attentatoires aux libertés individuelles. Précisons qu'en posant ces questions, je ne fais pas un procès d'intention à notre interlocuteur qui s'est montré par ailleurs très soucieux du droit des personnes dans la présentation de sa démarche.
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